13 Décembre 2016

13 Décembre 2016,

Le soleil se couche, la terre s’endort et je m’éveille, comme toujours. Rituel éternel dont je ne souhaiterais me défaire. J’ai appris à aimer la nuit, à apprécier la lune et sa rondeur et à m’émerveiller son manteau étincelant.

Je me souviens comme si c’était hier de ce temps révolu que je ne regrette guère. Je m’émerveillais du couchant pour me méduser du levant. Je ne connais la nuit et ses amies. J’étais encore un enfant du soleil en cette époque.

Les terres de mon père étaient nombreuses et aussi étendues que le regard pouvait s’y égarer sans en distinguer la finalité. Les paysans travaillaient la terre, bien loin des tracasseries de la riche demeure familiale. Quel régal pour les yeux était-ce une fois l’automne venu et que les chaudes couleurs de saison étaient revêtues par la terre. Je m’en souviens comme si c’était hier.

Ce fut cette saison qui vit, autour d’un thé, mon regard sur le monde, changer.

Je ne le savais pas encore, mais cette simple tasse de thé partagée avec celui qui fut mon père allait bouleverser ma vie. Au delà de la caresse de la mort, cette chaude boisson m’offrit un but, une raison de vivre, chose qui, jusque là, me manquait cruellement.

Mon rétablissement fut long, je m’en souviens encore, et, sans Stephan, ce soir, je n’écrirais guère ces lignes. Remis sur pieds, comme pour oublier l’existence de mon père, j’ai commencé à faire quelques recherches afin que jamais plus je ne craigne un quelconque poison. Plus qu’un simple centre d’intérêt, cela devint, pour le plus grand damne de mon majordome, une passion qui finit par dériver vers l’obsession. Paralysant, anesthésiant, mortel excitant et tant d’autres choses… Il y avait tellement de possibilité, bien plus encore que celles que je découvrais à l’époque…

À chaque fois que je donne naissance à l’une de mes œuvres, je ne peux m’empêcher d’y songer de nouveau. Peut-être est-ce mon projet final qui, ce soir encore, éveille mes souvenirs…

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»